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Savants d'al-Andalus
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Alors qu’une grande partie de l’Europe médiévale savait à peine lire, les villes d’al-Andalus comptaient parmi les lieux les plus savants de la terre. Les érudits qui vécurent et travaillèrent en Andalousie — médecins, philosophes, astronomes — préservèrent la sagesse de l’Antiquité, la firent progresser par leurs propres découvertes et transmirent tout cet héritage vers le nord, contribuant à embraser la Renaissance européenne. Beaucoup d’entre eux travaillèrent à une courte distance en voiture du Cortijo Bujio. Voici les géants dont les idées façonnent encore le monde.

Statue of Maimonides in Córdoba's old Jewish quarter
Statue of Maimonides in Córdoba's old Jewish quarter · Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Cordoue : une ville qui vivait de savoir

Au Xe siècle, sous le Califat, Cordoue était sans doute la capitale intellectuelle de l’Occident. Ses bibliothèques étaient légendaires — celle du calife à elle seule contenait, dit-on, des centaines de milliers de volumes à une époque où la plus grande de l’Europe chrétienne en comptait quelques centaines. Le papier (une technologie apportée d’Orient depuis la Chine à travers le monde islamique) rendait les livres bon marché ; les savants venaient de trois continents. C’est le sol dans lequel poussèrent les esprits qui suivent.

Médecine et chirurgie

Al-Zahrawi (Abulcasis) (v. 936-1013), de Cordoue, reste dans les mémoires comme le père de la chirurgie moderne. Son encyclopédie médicale en trente volumes, Al-Tasrif, décrivit instruments chirurgicaux et opérations avec un détail sans précédent — et, une fois traduite en latin (par Gérard de Crémone à Tolède), elle devint un texte médical de référence dans les universités européennes pendant quelque cinq cents ans.

Ibn Zuhr (Avenzoar) de Séville (mort en 1162) fut le pionnier d’une médecine plus expérimentale et clinique, testant les traitements et décrivant les maladies avec une précision nouvelle. Ibn al-Baytar de Malaga (mort en 1248) fut l’un des plus grands botanistes et pharmacologues de tout le Moyen Âge, cataloguant bien plus d’un millier de plantes et de remèdes.

Une philosophie qui remodela l’Europe

Averroès (Ibn Rushd) de Cordoue (1126-1198) fut si important pour la pensée européenne que les savants latins l’appelaient simplement « le Commentateur » — pour ses commentaires d’Aristote. Il soutint que la raison et la foi n’ont pas à s’opposer, et ses idées (« l’averroïsme ») furent débattues dans les universités de Paris et de Padoue pendant des siècles, façonnant directement Thomas d’Aquin et toute la philosophie scolastique. Maïmonide, né dans la même ville en 1138, fit pour la pensée juive et rationaliste ce qu’Averroès fit pour la pensée islamique et chrétienne. (Voir notre guide sur le Grenade juif.)

Les cieux et les nombres

Al-Zarqali (Arzachel), un astronome qui travailla à Tolède et à Cordoue au XIe siècle, compila les influentes Tables tolédanes et perfectionna l’astrolabe ; son œuvre alimenta directement l’astronomie européenne ultérieure — un cratère de la Lune porte son nom. Maslama al-Majriti de Cordoue contribua à répandre l’algèbre et l’astronomie d’al-Khwarizmi (de qui le nom nous vient le mot algorithme) à travers l’Occident.

Le rêveur de Cordoue

Le plus surprenant de tous, peut-être : Abbas ibn Firnas (IXe siècle, Cordoue), un polymathe qui, vers l’an 875 et déjà vieil homme, aurait construit un appareil muni d’ailes et tenté de voler — planant brièvement avant un atterrissage brutal, six siècles avant que Léonard n’esquisse ses machines volantes. Le pont de l’aéroport de Cordoue porte son nom.

L’heure de gloire propre à Grenade

L’histoire ne s’achève pas à Cordoue. Au XIVe siècle, la cour nasride de l’Alhambra — sous Yusuf Ier et Muhammad V — devint un brillant rassemblement d’esprits :

Comment cela parvint au monde — et une note sur Avicenne

Al-Andalus ne fut pas seulement un lieu de découverte ; elle fut le pont de l’Europe vers le savoir. À l’École des traducteurs de Tolède, des érudits comme Gérard de Crémone traduisirent en latin des œuvres arabes — y compris des traductions arabes de textes grecs perdus dans l’Occident latin — ensemençant la Renaissance du XIIe siècle.

Cette transmission est aussi la raison pour laquelle un nom comme celui d’Avicenne a sa place dans cette histoire, avec une réserve. Le grand Ibn Sina (Avicenne) était persan, né près de Boukhara — il ne vécut jamais en Andalousie. Mais son monumental Canon de la médecine, comme tant de savoir islamique oriental, parvint à l’Europe à travers al-Andalus et ses traducteurs, où il devint un texte universitaire central pendant des siècles. L’Andalousie fut le canal par lequel une grande partie de la science du monde antique et islamique s’écoula dans l’esprit européen.

Le voir depuis la villa

Questions fréquentes

Quels grands savants vécurent en al-Andalus ? Parmi beaucoup d’autres : al-Zahrawi (père de la chirurgie), Averroès (le grand aristotélicien) et Abbas ibn Firnas à Cordoue ; Ibn Zuhr à Séville ; Ibn al-Baytar à Malaga ; et, à la cour nasride de Grenade, le polymathe Ibn al-Khatib et l’historien Ibn Khaldoun.

Avicenne était-il d’Andalousie ? Non. Ibn Sina (Avicenne) était persan et ne vécut jamais en Espagne — mais son œuvre, et beaucoup d’autres sciences islamiques orientales et grecques antiques, parvint à l’Europe à travers al-Andalus et les traducteurs de Tolède.

Comment al-Andalus influença-t-elle l’Europe ? Ses savants firent progresser la médecine, la philosophie, l’astronomie et la botanique, et — surtout — ses traducteurs transmirent le savoir arabe et grec en latin, contribuant à déclencher la Renaissance européenne. Averroès façonna Thomas d’Aquin ; la chirurgie d’al-Zahrawi fut enseignée en Europe pendant 500 ans.

Quel est le lien avec Grenade ? La cour nasride du XIVe siècle à l’Alhambra accueillit Ibn al-Khatib (qui théorisa la contagion de la peste), le poète Ibn Zamrak (dont les vers ornent le palais) et l’historien Ibn Khaldoun.


Le Cortijo Bujio se trouve entre Cordoue et Grenade, au cœur de ce monde de savoir. Poursuivez la lecture sur le Grenade juif, 1492, l’Andalousie mauresque et Grenade et l’Alhambra.

Sources : Encyclopædia Britannica (« Averroes » ; « al-Zahrawi » ; « Ibn Khaldun » ; « Avicenna ») ; IslamiCity, « Science and Scholarship in Al-Andalus » ; Google Arts & Culture / Parque de las Ciencias, « The Al-Andalus Knowledge Revolution » ; Wikipedia, « Ibn al-Khatib ».