S'il est un son qui appartient à l'Andalousie, c'est la guitare — la tempête du toque flamenco dans une grotte du Sacromonte, ou la clarté chantante d'un récital classique. Ces deux traditions ont été façonnées, en grande partie, ici, dans le sud, et toutes deux ont transformé la musique dans le monde entier. Pour le voyageur culturel séjournant près du Cortijo Bujio, la guitare est un fil qui court à travers toute la région.

Les racines profondes de la guitare plongent jusque dans al-Andalus. Les Maures ont apporté l'oud, le luth arabe, en Espagne, où il s'est mêlé au fil des siècles aux instruments à cordes européens ; de cette longue rencontre, dans les ateliers andalous, la guitare espagnole moderne a fini par prendre forme. Quelle que soit sa généalogie exacte, la guitare est devenue, plus que partout ailleurs, la voix du sud de l'Espagne.
Dans le flamenco, la guitare — le toque — est l'un des trois piliers, aux côtés du chant (cante) et de la danse (baile). Né en Andalousie de la fusion des traditions roms, mauresques, juives et locales, la guitare flamenca est un monde en soi : le rasgueado tonnant, les traits éblouissants et un élan rythmique (compás) capable de lever toute une grotte sur ses pieds. Grenade a sa propre couleur flamenca — la zambra du Sacromonte — et entendre là un grand guitariste accompagner une voix brute, c'est comprendre l'âme andalouse. (Voir notre guide sur le flamenco et le Sacromonte.)
L'autre grande histoire est celle du classique. Andrés Segovia est né en 1893 à Linares, dans la province voisine de Jaén — un Andalou et, chose remarquable, entièrement autodidacte. Presque à lui seul, au fil d'une carrière s'étendant sur sept décennies, il a hissé la guitare du rang de curiosité de salon à celui d'instrument respecté de la salle de concert, développant une technique et une sonorité qui firent référence au XXe siècle, commandant de nouvelles œuvres et transcrivant Bach, Haendel et Scarlatti pour guitare seule. Le père de la guitare classique moderne fut, comme il se doit, fait plus tard marquis de Salobreña — d'après la ville blanche du littoral même de Grenade. (Voir notre guide sur la Costa Tropical.)
Il est rare qu'un même coin du monde donne à la musique à la fois le feu du flamenco et le fondateur de la guitare classique moderne. Tous deux ont poussé dans le même sol andalou — le même instrument, tourné dans une direction vers l'émotion brute et l'improvisation, dans l'autre vers le raffinement et la scène de concert. En écoutant l'un ou l'autre, ici, vous entendez le son de la terre qui vous entoure.
La guitare est-elle vraiment andalouse ? Ses racines sont profondes ici : les Maures ont apporté l'oud en Espagne, et la guitare espagnole moderne a pris forme dans les ateliers andalous. Le flamenco comme la guitare classique moderne ont été façonnés en grande partie dans le sud.
Qui était Andrés Segovia ? Le guitariste andalou autodidacte (né en 1893 à Linares, Jaén) qui a fait de la guitare classique un instrument de concert au XXe siècle — le père de la guitare classique moderne, fait plus tard marquis de Salobreña.
Qu'est-ce que le toque flamenco ? Le jeu de guitare du flamenco — l'un de ses trois piliers aux côtés du chant et de la danse — plein d'un rythme entraînant, de rasgueados et de traits virtuoses, né en Andalousie.
Où puis-je entendre de la guitare près du Cortijo Bujio ? Dans une grotte du Sacromonte à Grenade (à environ 45 minutes) pour le flamenco, ou lors de concerts en ville, surtout en été.
Le Cortijo Bujio est à 45 minutes des guitares de Grenade. Poursuivez votre lecture sur le flamenco et le Sacromonte, la Grenade de Lorca et la Costa Tropical.
Sources : Encyclopædia Britannica, « Andrés Segovia » ; sur le flamenco et la zambra du Sacromonte ; sur l'histoire de la guitare espagnole.